Mon coup de coeur du mois, « Shantaram » de Gregory David Roberts

Shantaram est devenu en quelques années LE roman de Mumbaï, au point que le luxueux hôtel Four Seasons en a placé un exemplaire sur la table de chevet de ses 202 chambres. Gregory David Roberts est un criminel échappé d’une prison. De cet épisode rocambolesque de sa vie, il a fait le point de départ de cette fresque monumentale. Mais comme l’auteur l’explique lui-même, écrire ses mémoires ne suffit pas à faire un bon livre. Il a donc préféré la fiction pour déclarer son amour à Mumbaï. Son héros, Lin, devra se réfugier dans un bidonville et partager le quotidien d’une communauté attachante et fragile. Il sera leur médecin. Il parlera leur langue, le marathi. Puis c’est la mafia qui l’adoptera. Son chef, Khaderbhai, lui confiera le trafic des passeports. Par fidélité, Lin ira jusqu’à l’accompagner dans sa guerre en Afghanistan, au risque de s’y faire tuer. Une péripétie de plus pour Lin, torturé dans une geôle insalubre, piégé par une sadique tenancière de bordel ou trahi par l’opium et l’héroïne. Rassurez-vous, Shantaram n’a rien d’un SAS. Dans son roman, Gregory David Roberts est parvenu à nous transmettre la force vitale, la folie créatrice et la paradoxale beauté qui font de Mumbaï une métropole ultime, où la naissance et la mort se frôlent comme deux amants complices. Vous serez fascinés, emportés par son histoire et ses magnifiques personnages, comme le généreux Parbaker ou la vénéneuse Karla. Souvenez-vous de vos lectures de jeunesse, Belle du Seigneur, Ulysse, la Montagne Magique, Ada ou l’Ardeur, le Maître et Marguerite… Avec ce livre, vous retrouverez le plaisir du « pavé qu’on ne peut plus lâcher ».

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